La Guinée Equatoriale a une nouvelle capitale dénommée « Ciudad de la Paz », la Cité de la Paix

Le samedi 3 janvier 2026, selon les termes d’un décret présidentiel, la Guinée Equatoriale a officiellement déplacé sa capitale de Malabo à Ciudad de la Paz. Cet événement est passé quasiment inaperçu dans la presse internationale (à l’exception d’un encart dans quotidien « Le Monde »), et il est invisibilisé par la totalité de presse ivoirienne. Alors que pour moi, il revêt pour la Guinée Equatoriale une importance capitale au niveau sécuritaire et il est un clin d’œil à la Côte d’Ivoire, je vais vous expliquer pourquoi.

Pour cela, je vais d’abord vous présenter ce pays si peu connu. Ensuite je vais parler de l’ancienne capitale Malabo avec toutes les péripéties de l’histoire que cette ville a connu et enfin je vais analyser les avantages de la nouvelle capitale et les mettre en perspective avec notre pays la Côte d’Ivoire.

 

I – Présentation de la Guinée Equatoriale

La Guinée équatoriale est un pays d’Afrique centrale. Elle est constituée de deux parties, l’une continentale, bordée par le Cameroun et le Gabon, où se trouve la nouvelle capitale Ciudad de la Paz, l’autre insulaire avec l’île de Bioko (où se trouve l’ancienne capitale Malabo) et l’île d’Annobón. C’est donc un pays quasiment divisé en deux parties :

  • La partie continentale
  • La partie insulaire composée des deux îles
    • L’Ile de BIOKO
    • L’Ile de ANOBON

Pour l’histoire, la Guinée Equatoriale est une ancienne colonie espagnole pendant la colonisation européenne de l’Afrique. Elle a obtenu son indépendance en 1968 et a vécu sous la dictature sanglante du Président  Francisco Macías Nguema. Depuis son renversement par un coup d’État en 1979, le président du pays est son neveu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Depuis les années 1990, la Guinée équatoriale est devenue un important pays producteur de pétrole en Afrique subsaharienne. Mais sa production décline depuis 2016 et n’atteint plus que 93 000 barils par jour en 2021, selon l’Opep.

C’est le quatrième pays quant au PIB/habitant en Afrique sub-saharienne, mais peu de gens ont profité des richesses issues du pétrole, et les inégalités restent très importantes.

Les langues officielles sont l’espagnol, le français et le portugais. Cependant, l’espagnol est de loin la langue officielle la plus parlée.

Les Fang sont le groupe ethnique dominant, et représentent plus de 85 % de la population. Les Bubi, indigènes de Bioko sont le deuxième plus grand groupe ethnique, et représentent environ 6,5 % de la population.

En termes de superficies

  • La partie continentale : 26 000 km2
  • La partie insulaire : 2501 km2

La Guinée Equatoriale a une population estimée à 1 962 513 habitants en 2025. Malabo, l’ancienne capitale, se trouve sur l’île de BIOKO. Et depuis 2008, le gouvernement a multiplié les initiatives afin de déplacer l’ancienne capitale Malabo. C’est ce projet qui a enfin vu le jour depuis le 3 janvier 2026.

 

II – L’histoire tumultueuse de Malabo, l’ancienne capitale

La ville de Malabo a porté différentes dénominations au cours du temps :

  • De 1827 à 1846 :  Port Clarence ou Clarence City (dénomination anglaise) ;
  • De 1846 à 1973 :  Santa Isabel (dénomination espagnole) ;
  • Depuis 1973, Malabo (dénomination équato-guinéenne).

 

La ville a donc été fondée par les Britanniques en 1827 sous le nom de Port Clarence (aussi appelée Clarence City) et était utilisée comme base navale pour lutter contre le trafic d’esclaves.

Au moment de l’indépendance du pays en 1968, la première capitale est la ville de Bata, dans la partie continentale. Et c’est en 1969 que les autorités décident de faire de Santa Isabel, la capitale au détriment de Bata. Et c’est en 1973 que Santa Isabel sera baptisée Malabo.

En 2025, la ville de Malabo comptait 300 000 habitants.

A titre de comparaison, La Guinée Equatoriale a une population de près de 2 millions d’habitants pour 28000 km2. En Côte d’Ivoire, Yopougon, c’est 150 km2 pour plus d’un million d’habitants.

 

Dans son exposé, le chef de l’État de la Guinée Equatoriale a justifié ce transfert par des impératifs de sécurisation des institutions, rappelant que le pays a été la cible d’attaques venant de l’extérieur « par voie maritime », évoquant notamment l’assaut contre des banques à Bata et une attaque visant la présidence à Malabo. Il a également cité la tentative de coup d’État de 2017, stoppée à la frontière avec le Cameroun, dans le district d’Ebibeyin, pour illustrer, selon lui, la vulnérabilité des anciennes implantations gouvernementales.

Le Président Obiang Nguema Mbasogo a présenté enfin ce changement comme un levier de modernisation et de rééquilibrage territorial, affirmant vouloir rompre avec des « structures coloniales » jugées dépassées, tout en limitant l’exode vers Malabo et Bata. Pour étayer sa décision, il cite des précédents internationaux, notamment le transfert de la capitale du Nigeria vers Abuja et celui du Brésil vers Brasília, et insiste sur la position centrale de Ciudad de la Paz, « facilement accessible » depuis les districts de la région continentale, avec des trajets estimés à moins de trois heures. Car en effet, Malabo n’est accessible que par bateau ou par avion, alors que la population équato-guinéenne augmente et que l’activité économique du pays se concentre aussi sur le continent, notamment à Bata la capitale économique.

 

 

III – La nouvelle capitale

Le transfert de la Capitale marque un retour à la partie continentale du pays. Cette fois-ci, les autorités ont privilégié carrément le centre du pays en s’éloignant des côtes. Il est donc loin le souvenir de Bata ou de Malabo comme capitale portuaire, un véritable changement de paradigme.

La nouvelle capitale, anciennement nommé Oyala, va prendre la dénomination suivante, Ciudad de la Paz en traduction, la Cité de la Paix.

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Cette volonté des autorités équato-guinéennes de repositionnement de leur capitale m’inspire ces suggestions pour notre pays et traduit de vraies alternatives historiques.

 

D’abord en finir avec les capitales liées à l’histoire coloniale, positionnées en zone portuaire pour favoriser l’écoulement des produits d’exportation vers la Métropole. En déplaçant la capitale les équato-guinéens se donnent une ville nouvelle conçue selon leur inspiration et leur génie propre et non crée par la période coloniale. De plus, ils intègrent les considérations sécuritaires en positionnant leur capitale au milieu de nulle part, difficilement accessible depuis les frontières extérieures. C’est à priori l’option prise par les autorités ivoiriennes depuis 1982 en décidant du transfert de la capitale de Abidjan à Yamoussoukro, à l’intérieur du pays. Comme les autorités ivoiriennes, c’est la Paix qui a semblé être au cœur des préoccupations des équato-guinéens. En effet, Yamoussoukro se positionne comme une Cité de la Paix, de par l’un de ses premiers fils, le Président Félix Houphouët Boigny, de par sa Basilique et sa Fondation dédiée à la Paix. Il faut y voir comme un signe du destin que les autorités de la Guinée Equatoriale baptisent leur nouvelle Capitale Cité de la Paix, véritable clin d’œil à notre pays et à Yamoussoukro. Ce clin d’œil devient encore plus nette quand on sait que cette nouvelle Capitale, dite Ciudad de la Paz se situe dans la région natale du Président équato-guinéen. Je vous avais dit ! Que de ressemblance avec le projet ivoirien ! Je regrette que la presse ivoirienne n’en fasse pas écho.

Je rajoute à cela la véritable percée du BNETD ivoirien dans la gestion de grands projets en Guinée Equatoriale depuis quelques années. A titre d’exemple, en 2005, un projet de construction de 2000 logements et l’aménagement de terrains urbains en Guinée Equatoriale a donné lieu à une signature de convention entre URB, une entreprise de la Guinée Equatoriale et le BNEDT. Je ne suis donc pas surpris d’apprendre que c’est depuis 2008 que le gouvernement équato-guinéen a décidé de son transfert de capitale, très certainement inspiré de l’exemple ivoirien de Yamoussoukro. Quand notre pays devient source d’inspiration pour d’autres pays frères, il faut s’en réjouir.

 

Enfin je note que le gouvernement équato-guinéen s’est donné un délai court d’une année pour transférer effectivement toutes les institutions de Malabo à Ciudad de la Paz. Un véritable défi tiré par une vraie volonté politique. Il aura donc fallu moins de 20 ans à la Guinée Equatoriale pour l’aboutissement de ce transfert, en s’inspirant fortement de la vision de la Côte d’Ivoire, depuis 1982, de son transfert de la capitale d’Abidjan à Yamoussoukro. Ce clin d’œil à notre pays doit nous poser la question du transfert effectif de notre capitale à Yamoussoukro ; projet que nous avons depuis 1982 mais qui tarde à se concrétiser. La Guinée Equatoriale vient nous le rappeler.

 

 

 

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