1 – LE PARC ARCHEOLOGIQUE D’AHOUAKRO
2 – LES FALAISES DE BONGRABO, NON LOIN DE BROBO
3 – LA CARRIERE DE KANGRASSOU, NON LOIN DE DIMBOKRO
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L’archéologie est définie comme une discipline scientifique qui étudie les civilisations anciennes à partir des vestiges matériels liés aux activités exercées par les hommes à leur époque. Mais la géologie est plutôt une science qui étudie la structure et l’évolution de l’écorce terrestre. Ces deux sciences se retrouvent assez souvent et elles permettent de mettre en valeurs des richesses souvent insoupçonnées.
Le passé archéologique de la Côte d’Ivoire est assez peu connu. Mais sur le plan de la géologie, le pays est riche de sites et de vestiges qui méritent un intérêt.
J’ai eu l’opportunité de visiter trois d’entre eux, je vais les présenter dans leur originalité et leur beauté. Il s’agit de :
- Parc archéologique de Ahouakro
- Les falaises de Brobo
- La carrière de Dimbokro
1 – AHOUAKRO ET SON PARC ARCHEOLOGIQUE
Ahouakro. Ce nom ne dit pas grand-chose à beaucoup d’Ivoiriens. Mais ils ont tort d’ignorer ce petit village situé à 150 kilomètres d’Abidjan, non loin de Singrobo et de l’autoroute du nord. Pour vous y rendre, rien de plus facile, vous n’avez qu’à emprunter l’Autoroute du nord depuis Abidjan. Après le poste de péage de Singrobo, vous emprunter la sortie plein est en direction du village de Ahouakro.
Vous passerez une petite carrière désaffectée et plus loin vous verrez cet univers quasi magique du parc archéologique de Ahouakro. Alors vous comprendrez pourquoi ce site figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2006.
C’est un parc dont la superficie est de 57 hectares et qui se compose d’énormes monuments granitiques aux formes surprenantes. Leur volume varie de quelques dizaines de mètres cubes à des centaines. Le spectacle est majestueux tant les formes sont inédites, originale et semblent marquée dans le temps et dans l’espace. Certaines de roches semblent bénéficier d’un équilibre précaire voir providentiel.
La magie des lieux vous saute à l’œil et la grandeur des pièces semble une œuvre d’art polie par le temps, figé dans l’espace et rayonnant de spiritualité. Oui le mot est lâché, tout semble spirituel en ce lieu magique.
La disposition des rochers est naturelle, les formes le sont aussi. Certaines des roches montrent des signes d’érosion leur donnant un cachet spécial. Peut-on donner un sens à tout ce spectacle. Les puristes de l’art et de l’interprétation culturelle ont là un véritable challenge auquel je me suis risqué. J’ai effectivement demandé aux érudits et dépositaires des traditions du village d’Ahouakro, le sens profond de ces monuments à nul autre pareil.
Ahouakro, en langue locale signifie village d’Ahoua. Et Ahoua serait le premier occupant de cet espace magique. Il serait venu du Ghana voisin, fuyant la guerre de trône qui y avait court entre 1893 et 1905. Il se serait acquitté de ses droits et aurait invoqué les mannes des ancêtres pour bénéficier d’une protection en ces lieux. Et il trouva cette quiétude et cette sécurité en ce lieu. C’est la sensation qui ne manque pas de vous toucher lorsque vous contempler ces monument. Un sentiment de sécurité vous habite.
Les roches ont trouvé un sens quasi mystique, irrationnel, teinté de sécurité et de bien-être. C’est pourquoi vous devez vous astreindre à un rite particulier avant de les visiter. Sans l’autorisation des dépositaires des lieux, il se raconte que vous pouvez être frappé d’un sort. Alors, il faut immoler des poulets ou des moutons pour solliciter les faveurs des ancêtres. C’est la raison pour laquelle sur le site, des restes de nombreux poulets impropres à la consommation.
Dernières caractéristiques du site : on y note la présence de trace d’objets d’une civilisation ancienne avec des espaces de polissage, des formes artistiques et des parois décorés datant du néolithique. Le parc est intact, il n’a pas subi les affres de la modernité. Seulement dans son prolongement, une carrière d’exploitation de gravier avait été installée lors des travaux de construction de l’autoroute du Nord dans les années 1970. Cette carrière est aujourd’hui désaffectée.
Par ailleurs, le site d’Ahouakro est le lieu d’activités religieuses des populations locales et bien souvent, une danse spéciale dite de « l’adjanou » y est présentée.
Incontestablement le site d’Ahouakro est porteur d’un intérêt culturel et est un véritable attrait touristique.
2 – LES FALAISES DE BONGRABO, NON LOIN DE BROBO
Brobo est une localité du centre de la Côte d’Ivoire située à environ 20 kilomètres de Bouaké.
Pour vous y rendre depuis Abidjan, vous prenez l’autoroute du nord en direction de Yamoussoukro puis de Bouaké, soit environ 350 kilomètres. Ville de campagne, entourée de terres boisées et agricoles, la commune profile à l’horizon un paysage de savane arboré qui vous transporte loin des flonflons habituels propres aux villes métropolitaines. A partir de Brobo, il vous faut prendre la direction d’un petit village dénommé bongrabo et là-bas, vous verrez ce spectacle surgit de nulle part, appelé les falaises de Bongrabo.
Un escarpement en pente forte d’environ 20 mètres de dénivelé surplombant une rivière morne dans un cadre enchanteur vous ouvre paisiblement les bras. S’incrustant brusquement dans le paysage monotone du voyage, elle projette le visiteur dans un cadre digne d’un décor hollywoodien. Une découverte qui pourrait en intéresser certains et pourquoi-pas donner des idées aux adeptes et passionnés d’escalade.
Le site est beau et je me suis demandé s’il était naturel. Je n’ai pas eu de réponse et donc je me suis mis à étudier la cartographie de la région et à rechercher sur internet les moindres éléments d’explications de ces falaises sorties de nulle part. Et je vais me risquer à des explications.
Un grand site granitique se trouvant à proximité du village de Bongrabo a servi de carrière lors de la construction et du bitumage de la route entre Bouaké et Brobo. Cette carrière a été réalisée en dynamitant les blocs granitiques pour avoir le gravier. Et c’est le cratère qui en a résulté qui donne cet aspect de falaises. Les eaux pluviales faisant le reste en donnant cet étang de couleur verdâtre. Je pense que c’est la bonne interprétation des falaises de Bongrabo. Le site est magnifique.
3 – LA CARRIERE DE KANGRASSOU, NON LOIN DE DIMBOKRO
Dimbokro est une ville située à 240 kilomètres d’Abidjan. Cette ville est le chef-lieu de la Région du Nzi. Pour vous y rendre, l’autoroute du nord est votre premier itinéraire jusqu’à Toumodi. A partir de Toumodi, vous avez une trentaine de kilomètres à faire pour vous retrouver à Dimbokro.
La ville offre de nombreux atouts touristiques ; on peut citer :
- Le cimetière des martyrs
- Le pont du chemin de fer métallique construit depuis 1910
- Des maisons coloniales.
Mais un site méconnu, mérite d’être montré aux visiteurs. Il s’agit de la carrière de Kangrassou.
Kangrassou est un petit village situé à une dizaine de kilomètres de Dimbokro.
Lorsque vous découvrez la carrière de Kangrassou, votre première impression est de croire que ce site est naturel. Mais en réalité, comme les falaises de Bongrabo, c’est le site d’une carrière désaffectée.
Le dynamitage de la roche granitique aura favorisé la naissance d’un immense cratère qui a recueilli les eaux pluviales,
Ce spectacle en pleine nature, ou tout semble paisible, invite à la réflexion et à la méditation.
En conclusion, la présentation de ces trois sites appelle les remarques suivantes :
- Le site d’Ahouakro est naturel
- Les deux autres sites (Bongrabo et Kangrassou) sont des anciennes carrières désaffectées
Il est tout à fait possible d’aménager les deux sites de Bongrabo et Kangrassou, pour en faire des parcs animaliers e véritablement touristiques. Le parc d’Ahouakro a déjà la renommée internationale. De toutes les façons, ces trois endroits merveilleux sont une opportunité pour les voyageurs et les visiteurs, soucieux de découvrir la Côte d’Ivoire profonde ; dans ses mystères et ses merveilles.
