Le triste sort des éléphants en Côte d’Ivoire

Les éléphants sont les plus grands animaux au monde. Ils peuvent peser jusqu’à 6 tonnes. Ils sont dotés d’une trompe qui leur permet d’ingérer de la nourriture ou de l’eau. On estime qu’ils sont dotés d’une intelligence et d’une mémoire remarquables. Dans la culture asiatique ; ils sont symbole de sagesse.

Les éléphants ont des défenses en ivoire qui sont particulièrement recherchées par les braconniers. A l’aide de leurs défenses, les éléphants peuvent se battre, se défendre, creuser, ou bien se repérer. On trouve des éléphants en Afrique et en Asie et la différence entre les deux espèces se situe au niveau de la taille des oreilles.

La Côte d’Ivoire a pour symbole l’éléphant et le pays tire même son nom éponyme du nombre important de ces mammifères sur son territoire il y a de longues années. Quel est aujourd’hui la situation des éléphants en Côte d’Ivoire ? Elle n’est pas reluisante comme je vais vous le montrer à travers cet article.

 

I – Présentation de ce grand mammifère

L’éléphant d’Afrique est un animal particulièrement imposant de par sa grandeur. Il fait d’ailleurs partie des plus grands animaux terrestres du monde. Il se caractérise par sa longue trompe ayant à son bout deux membranes semblables à des doigts, dont il se sert pour saisir des petits objets. Il a une peau épaisse dont la couleur varie du noir au gris clair ou brun. Son dos est creux et il possède des oreilles grandes et longues qui lui permettent d’avoir une bonne audition. On constate également une bosse au niveau de la tête. Il a des pattes en forme de pilier avec 3 orteils sur les pattes de derrière et 4 ou 5 orteils sur les pattes de devant.
L’éléphant peut peser jusqu’à 6 tonnes et mesurer 3 à 4 mètres de haut, pour environ 7 mètres de long.

Ce genre d’éléphant compte deux espèces : l’éléphant de la savane et celui de la forêt. Les mâles et les femelles ont les incisives supérieures qui forment des défenses. Ces défenses leurs sont vitales car elles servent tantôt comme pioche pour déterrer leur nourriture, tantôt comme arme pour se défendre.

Les éléphants d’Afrique vivent dans les savanes et les forêts, et parfois dans les régions semi-désertiques. Ils se déplacent en troupeaux ayant à leur tête l’aînée des femelles, que l’on nomme matriarche. L’éléphant d’Afrique est herbivore. Son alimentation, exclusivement végétale, se compose d’herbes, de feuilles, de fruits, de jeunes pousses, de racines et tubercules, d’écorces et même du bois. Il mange 130 à 300 kg de végétaux et boit plus de 150 litres d’eau par jour.

Malgré sa maturité sexuelle vers 12 ans, l’éléphant d’Afrique ne commence à se reproduire que vers l’âge de 30 ans, quand il est assez imposant pour pouvoir se battre avec d’autres mâles et conquérir les femelles. Dès lors que le mâle et la femelle finissent de s’adonner à de longs jeux amoureux, la copulation peut commencer. La période de copulations dure environ trois jours. La période de gestation, quant à elle, dure 20 mois environ, et il ne peut y avoir qu’un seul éléphanteau d’une centaine de kilos par portée.

La durée de vie d’un éléphant est de 60 à 70 ans. Certains individus vivent toutefois jusqu’à l’âge de 100 ans.

Les oreilles de l’éléphant lui permettent de réguler sa température corporelle, grâce à une vascularisation très importante. Cet animal a également une très bonne mémoire, qui lui permet de se souvenir d’individus ou de lieux, même après une vingtaine d’années ! D’où l’expression « avoir une mémoire d’éléphant ».

Pour rappel, on distingue l’Eléphant d’Afrique à l’Eléphant d’Asie, d’abord par leur site d’évolution mais surtout au niveau des dimensions de leurs oreilles. Mieux que des mots, les images parlent.

II – Les éléphants en Côte d’Ivoire

L’histoire retient que ce sont les portugais qui ont donné le nom « Costa do Marfim » au territoire dans les années 1465. C’est la traduction française qui est aujourd’hui encore le nom du pays.

Pour bien mesurer la parfaite imbrication des éléphants à la culture ivoirienne, il faut se référer aux nombreuses interprétations et noms donnés dans les langues locales à cet mammifère. C’est encore l’une des preuves que l’histoire de notre pays est intimement liée à celle des éléphants. Dans quasiment toutes les régions de notre pays, on trouve des noms de villes et de villages faisant référence à l’éléphant.

1- Lakota vient du mot dida Lôhokoda qui signifie il y a des éléphants ici la cité des éléphants

 

2- Lauzoua signifie l’île aux éléphants

 

3- Duékoué veut dire « Sur le dos de l’éléphant » 

 

4- Douêdihi (village situé dans le département de Toulepleu) et dont le nom signifie dans le ventre de l’éléphant

 

5- Samatiguila (situé dans le département d’Odienné) signifie « Chez le propriétaire de l’éléphant »

 

6- Samakono (situé dans le département d’Odienné entre Goulia et Kaniasso) signifie « Attendre l’éléphant ».

 

7- Lohêgêlhêdou signifie le pays des dents d’éléphants en bété

 

8- Solokaha (non loin de Sirasso à 62 km de Korhogo) signifie le village des éléphants

 

9- Soko situé dans le département de Bondoukou et qui signifie la route des éléphants

 

10- Logbozoa situé dans le Département de Buyo et qui signifie sous le grenier des éléphants.

 

11- Samango est un village au nord-ouest de la Côte d’Ivoire et dont le nom signifie la queue de l’éléphant

 

13 -Diabo ville située dans le Département de Botro (région du Gbêkê) serait issu de l’expression « djaha » qui signifie « éléphant » et « bo » qui signifie « lieu ». Ce qui veut donc dire « lieu de l’éléphant.

 

Du fait du rétrécissement de leur espace vital, les conflits entre ces pachydermes et les hommes sont de plus en plus fréquents, surtout en zone de forêts dans le sud du pays.

Le taux de reproduction de l’animal étant très faible, de véritables questions se posent quant à la survie de l’espèce en Côte d’Ivoire.

 

 

 

III – La réalité des éléphants en 2025 en Côte d’Ivoire

 

A l’exception des sportifs footballeurs qui rayonnent sur le plan africain en ayant remporté la dernière CAN en 2024, le sort des éléphants n’est pas très reluisant en 2025. Jugez-en vous-même.

De près de 100 000 au moment de la colonisation dans les années 1893, il ne reste qu’à peine 350 éléphants dans le pays. Au rythme actuel, on estime que dans les 50 années à venir l’espèce aura totalement disparu dans le pays. La question se posera alors sur le nom qu’il faudra donner au pays. Les éléphants de la zone forestière ont perdu leurs espaces. L’occupation humaine et les pratiques agricoles ont particulièrement réduits les environnements propices aux déplacements des éléphants. Il n’est pas rare de voir les éléphants pénétrer dans les villages, envahir des plantations et se heurter à la présence humaine. Un célèbre éléphant dénommé Hamed a fait la une des journaux il y a quelques années. On le retrouvait dans les villages et il avait fini par devenir un danger. Il a donc dû être déplacé.

Si par curiosité vous vous rendez au zoo d’Abidjan, vous n’y trouverez qu’un et un seul éléphant. Curieux, dans un pays dont le nom est lié à cet animal. On s’attend donc à en trouver des dizaines dans le seul zoo du pays. Mais que non ! Vous ne verrez qu’un seul éléphant. Son aspect vous confirmera bien que le sort des éléphants n’est plus garanti dans le pays. En effet, il n’arbore pas des défenses en ivoire d’une grande splendeur.

 

En 2008, j’ai eu l’opportunité d’un voyage en Allemagne plus précisément dans la ville de Berlin. Au parc zoologique de cette ville allemande, j’ai eu la grande surprise de voir quatre éléphants. Tout le contraste avec le seul et timide éléphant que vous verrez au zoo de la ville … d’Abidjan. Tout est dit !

 

Alors que faire ?

Depuis quelques mois j’ai ouvert une page sur les réseaux sociaux pour sensibiliser nos compatriotes sur le sort des éléphants. Cette sensibilisation doit se poursuivre. Au niveau étatique, je sais que des gros efforts sont faits pour préserver l’animal. J’en veux pour preuve que la Direction de la faune et des ressources cynégétiques a organisé du 14 au 16 Mai 2025, une série de séances de sensibilisation portant sur la protection de l’éléphant s’est déroulée dans les communes de Tiassalé, Sikensi et les villages de Badasso, Soukouobou, Gbolouville et Botindé. Tous ces efforts même louables, ne sont pas suffisants car au niveau des populations, il demeure la méconnaissance de cet animal. De plus, il n’est pas connu une évolution positive du nombre d’éléphants dans notre pays. Les derniers chiffres demeurent toujours alarmants. A peine 350 pachydermes encore présents sur toute l’étendue du territoire. Des activistes tels Nader Fakhry font un travail remarquable pour la sensibilisation des populations quant à la survie des éléphants. L‘éléphant surnommé Ahmed en est l’exemple le plus visible car parti du parc de l’Azagny, ce pachyderme s’est égaré jusqu’aux environs de Guitry. Il a erré dans les forêts puis dans les villages de la région, à la recherche d’alcool et il devenait un danger pour les populations. Grâce à l’aide positive du ministère des Eaux et Forêts, il a finalement pu être déplacé non sans mal.

Après la sensibilisation, il reste à sanctuariser les espaces de vie des éléphants, et dans cette optique de nombreux défis sont à relever. Ou trouvez ces espaces surtout que les activités humaines liées à la culture et l’occupation des sols restent des réalités incontournables.

Pour la visibilité de l’animal, je suggère que le zoo d’Abidjan ait plusieurs spécimens à présenter. Pas un seul éléphant. On s’attend à en trouver au moins une dizaine. Ils doivent être la principale attraction du zoo. Je pense même qu’il faudrait faire l’acquisition de l’espèce venue d’Asie, ce qui permettra de faire la différence et de mieux faire connaitre l’animal.

En conclusion, ce bel animal, symbole de toute une nation voit son avenir en véritable pointillé. Le nombre de ces pachydermes baissent d’année en année et plus grave, dans la quasi-indifférence générale. Il est encore temps de sauver l’espèce, faute de quoi, il faudrait remettre en cause la dénomination de notre pays

1 réflexion sur “Le triste sort des éléphants en Côte d’Ivoire”

  1. Un plan d’urgence pour la sauvegarde de cette espèce doit être envisagé rapidement de risque de voir nos éléphants disparaître définitivement de notre territoire

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